J'étais assis (privilège de la jeunesse encore pour quelques mois) dans un des "carrés jeunes". Ces espaces réservés, dans les meeting, aux moins de 30 ans, et en particulier aux militants et aux sympathisants des jeunes socialistes. Pour mettre l'ambiance, chanter, crier, faire flotter les drapeaux et brandir les pancartes...

A côté de moi, dans ce carré, il y avait deux filles. Deux étudiantes, non encartées étaient venues pour voir. Pour entendre. Par curiosité. Un peu sceptiques au début. Ou timide, je ne sais pas.

Et puis le meeting a démarré. François Hollande est monté sur scène. "La Bretagne, terre de conquêtes, terre de victoires."

Le discours était lancé. Les propositions ont succédé aux attaques du bilan de nos adversaires. Les envolées sur nos valeurs ont alterné avec des anecdotes plus personnelles. Les militants, évidemment, étaient conquis. Mais le plus étonnant était l'effet, justement, sur les autres personnes. mes deux voisines, par exemples. Scotchées, littéralement suspendues aux paroles de notre candidat. A peine, de temps en temps, échangeaient-elles quelques mots à voix basse. Une phrase répétée, un engagement souligné... Et quelques phrases "tu as vu l'énergie qu'il dégage ?" Ou "C'est dingue comme ce qu'il dit est juste...".

Elles semblaient émerveillées. Des étoiles dans la voix. La politique, au delà de simplement ouvrir un débat, proposait de l'espoir, véhiculait du rêve... Elles sont restées, un long moment, applaudir après la fin du discours. Debout sur leurs chaises. Puis elles sont parties.

Ce qui était drôle, c'est qu'elles n'étaient pas seules. En discutant après entre nous, militants du MJS, nous nous sommes rendus compte que beaucoup d'entre nous avions, à côté de nous, des gens qui ont réagi de la même façon. Des personnes ni militantes ni même encartées qui avaient été transportées par ce meeting, ce discours, et repartaient pleines d'espoir.

Et si, tout simplement, François Hollande avait, ce soir, réussi à ré-enchanter la politique ?