Dire que la Belgique traverse une grave crise institutionnelle releverait presque du pleonasme. Depuis les années 1970, le pays est secoue, a intervalles regulieres, par des tensions et des dechirements internes, qui aboutissent invariablement a une plus grande separation entre les communautes flamandes et wallones. J'ai lu cette semaine plusieurs articles disant que le problème etait celui de la langue. C'est, il me semble, une vision tres reductrice du problème... C'est confondre le symptome et le problème lui même. Le problème de fond, c'est que ce pays est la reunion de trois groupes culturels (n'oublions pas la communaute germanophone !) qui n'ont que tres peu de choses en commun. Il y a au moins autant de differences, si l'on enleve leur appartenance a un même pays, entre les flamands et les #llons, qu'entre des corses et des alsaciens. Le problème est que, au moins du cote flamand, on semble avoir perdu toute volonte de vivre-ensemble, tout desir de faire société, tout sens de solidarite nationale. Les sondages placent lz parti autonomiste NVA en tres bonne position en Flandre, avec des scores qui rendrait inevitable leur participation a une coalition gouvernementale.

Je ne pense pas que ces elections aboutiront directement a la cission du pays. Je n'y crois pas. C'est encore trop premature. Mais elles risquent de marquer un cap, un point de non retour, qui rendra cette issue inevitable, d'une facon ou d'une autre, a l'echelle d'une ou deux decennies. Ce qui est certain, c'est que le resultats des elections de Dimanche devrait encore accroitre cette fracture, et faire entrer le pays dans une crise de regime pire encore que celle de 2007, ou le pays avait passe pres de 9 mois sans gouvernement stable. Premieres victimes : les Belges eux même. Pendant que les institutions ne fonctionnent pas, pendant que les partis flamands s'enflamment en choeur sur des questions de decoupage electoral, la classe politique ne peut apporter de solutions a la crise economique et sociale, qui frappe aussi durement la Wallonie que la Flandre. Les classes populaires et les citoyens sont les premieres victimes de cet enlisement, qui gel toute initiative politique pendant un long moment. Deuxieme victime, disons colaterale : l'Europe. Car en Juillet s'ouvre la Presidence belge de l'Union Europenne. Il est totalement illusoire d'esperer voir cette crise s'etre resolue d'ici law. Ces six mois vont donc etre atones et perdus pour l'Europe, Bruxelles etant trop occupee par ses problermes internes pour pouvoir faire avancer les enjeux europeens de facon volontariste. Et, la encore, les premieres victimes seront les citoyens europeens.

Ne reste donc plus qu'a esperer, en attendant dimanche. Esperer qu'un sursaut fvaorise dans les urnes la volonte d'union et, en particulier en Flandres, les forces progressistes dont la priorite est lwkeconomie, le social et la solidarite. Et d'etre de tout coeur avec les camarades socialistes, wallons de flamands, qui engagent en ce moment toutes leurs forces dans les dernieres heures de la campagne. Esperons que leur engagement et leurs convictions et ideaux porteront leurs fruits...