* Le principe : s'approcher de la vue de l'oeil.

Il faut commencer par une explication un peut technique. Sur une photo classique, l'ordinateur restitue les couleurs avec trois séries d'information. Pour chaque pixel, il enregistre un niveau de rouge, de vert et de bleu. Les couleurs que l'on voit, restituées par l'écran, sont donc une combinaison de ces trois couleurs. Pour des raisons informatiques (les informations étant en 8 bits), la gamme de chacune de ses couleurs va de 0 (aucune de ces couleurs) à 255 (saturation maximale).

L'éclaircieSeulement voilà. Ce codage restitue 16 millions de couleurs différentes?. Soit beaucoup moins que ce qu'est capable de voir l'œil humain. La solution est simple en apparence : au lieu de noter la valeur des couleurs par un nombre entier entre 0 et 255, on va noter chacune de ses couleurs par un chiffre entre 0,0001 et 100 millions. On a donc une infinité de nuances que les images normales sont totalement incapables de restituer, et qui correspondent à la sensibilité réelle de notre vue d'humain.

Seulement, il y a un problème : nos écrans ne sont pas conçus pour restituer une telle gamme de couleur, et de telles nuances. Tout l'enjeu d'un traitement HDR va donc être de retoucher une image pour qu'elle puisse restituer au mieux ces détails et ces nuances, à partir d'une énorme quantité d'informations, tout en s'adaptant aux contraintes de nos matériels.



* Mais concrètement, ça donne quoi ???

Citadelle Port LouisConcrètement,une image retouchée en HDR va avoir une gamme de couleurs beaucoup plus sensible et variée. Elle va permettre en particulier de corriger un gros défaut des appareils photos. Nos capteurs numériques ont en effet le plus grand mal à restituer, sur une même photo, une zone très lumineuse et une zone très sombre. Le HDR va donc permettre de restituer, avec des couleurs et des détails, des zones d'ombres et des zones très ensoleillées.



* C'est bien beau tout ça, mais concrètement, comment on fait ?

Il nous faut donc dépasser cette contrainte des appareils photo numérique. On va donc recourir à un bracketting, c'est à dire prendre simultanément trois clichés, l'un exposé normalement, l'un sous exposé, l'autre sur exposé... Chaque cliché va enregistrer les informations, les détails, les couleurs des parties éclairées normalement, des parties lumineuses, et des parties sombres.

En principe,la plupart des appareils photos de qualité,et notamment tous les réflex ou presque, offrent cette possibilité de faire du bracketting.

Deux petites précisions avant de déclencher : - tant qu'à faire des photos de qualité, et puisqu'on a besoin d'une grande quantité d'informations, mieux vaut prendre les photos en format raw et pas en jpg, avec l'appareil photo (le raw est le"négatif" du numérique, il enregistre toutes les informations prises par le capteur, alors que le jpg est déjà une compression, et fait perdre des données). - Puisqu'on va prendre trois photos à la suite qui vont devoir n'en former qu'une, il ne faut surtout pas bouger... Donc : trépied obligatoire ! Ou au moins s'appuyer fermement sur quelque chose de solide, un mur, une voiture, etc.

L'embrasement du stade



Il y a ensuite deux façons de procéder.


* Technique simple ou technique plus aboutie

  1. Brest neigeLe moyen le plus simple est de prendre 3 photos, l'une donc exposée normalement, l'autre sous exposées de - 2 IL et l'autre sur exposée de +2 IL. Le réglage se fait facilement avec l'outil bracketing de votre boitier. Et vous avez ainsi trois clichés qui doivent en principe vous permettre de récupérer l'ensemble des informations nécessaires. SI votre boitier permet de prendre une série de 5 photos en bracketting, profitez-en.
  2. Il existe une méthode un peu plus aboutie, mais qui demande plus de temps et de patience. Avant de déclencher, il vous faut faire des mesures d'exposition avec la mesure spot de votre appareil. Réglez votre boitier en mode manuel, et faites les réglages pour une photo normalement exposée.Sélectionnez ensuite le collimateur autofocus qui se trouve sur la aprtie la plus lumineuse,et voyez à quel point elle est surexposée (un onglet clignote pour vous indiquer si vos êtes à +2 IL, +1,33 IL, etc). Faites de même avec le collimateur autofocus qui se trouve sur la aprtie la plus sombre. Vous pouvez répéter l'opération pour toutes les zones intermédiaires qui sont plus sombres ou plus lumineux que l'ensemble.


Pors PoulhanUne fois que vous avez fait vos mesures, faites vous même vos différents clichés en prenant aux différentes mesures de sous expositions et de sur-exposition que vous avez relevez. Par exemple, pour un cliché, vous prendrez la photo exposée normalement,et une photo à +1 IL pour une zone un peu bouchée et sombre,mais aps trop, une photo à -1 IL pour une zone bien éclairée et une photo à -2 IL pour les nuages très blancs et très lumineux...


* Mélanger tout ça et faire un choix artistique

Aquarium La ROchelleUne fois que vous avez terminé la prise de vue, vous devez faire fusionner les trois fichiers... Vous pouvez le faire avec Photoshop dans ses dernières versions (la méthode est expliquée ici). Vous pouvez également utiliser un logiciel spécialisé, comme Photomatix Pro, sans doute l'un des meilleurs de tous, qui permet de faire du HDR et de l'Exposure Fusion, une méthode soft de HDR. Ces logiciels vont fusionner les trois photos en gardant de chacune les informations les meilleures pour chaque zone. Après ce mélange,vous optenez la fameuse photo HDR, et là vous êtes déçus : le résultat est minable. Eh oui, rappelez vous : votre écran n'est pas capable d'afficher la gamme de dynamique de ce type de cliché. Il faut donc faire une opération de "Tone Mapping" qui va convertir la dynamique de couleur pour un format lisible par votre ordinateur. Et là vous avez un choix. Soit vous êtes plutôt art graphique, et vous pouvez partir vers un rendu complètement artificiel,digne d'un jeu vidéo ou du travail d'un designer abstrait. Soit vous cherchez simplement a améliorer votre rendu en tant que photographe, et vous vous orientez vers un rendu qualifié de True Tone. Tout est une question de réglages, et le Tone Mapping demande un peu de temps, de doigté et de patience, afin d'obtenir le rendu optimal.
Post-traitez ensuite votre cliché final comme une photo normale, le tour est joué.

Pour finir, je vous laisse avec un petit diaporama de mes HDR. Rien de professionnel, mais ça vous donnera une idée des rendus que l'on peut atteindre,tout en restant dans une optique de rendu naturel et assez imperceptible.