Bon, il faut bien admettre que quelques signaux vont dans ce sens. L'incapacité absolue, par exemple, du clergé catholique d'intégrer des femmes, ou de penser la sexualité au delà de la procréation (même si, là encore, les choses sont plus subtiles)... De même que certaines branches de l'Islam réservent un rôle assez particulier à la femme, quand elle n'est pas recouverte par un voile de la tête aux pieds. On a surement aussi quelques églises protestantes pour qui la femme 'na sa place qu'aux fourneaux et que comme génitrice. Mais faut-il vraiment s'en arrêter là, et rester sur l'écume des choses ? En quoi, fondamentalement, la religion porterait une vision sexiste des relations homme femme ? Il me semble, au contraire, qu'à une certaine époque, dans un certain cadre, la religion a pu être une force de progrès... Par exemple, ce passage célèbre des Évangiles ou Jésus sauve une prostituée de la lapidation, et assène d'un coup d'un seul à un aréopage de notables qu'elle n'est pas plus à blâmer qu'eux... Un geste qui décoiffe et qui a dû, à l'époque, en perturber plus d'un.

Et les valeurs essentielles du christianisme, le respect de l'autre, l'amour du prochain, le rejet de la violence, l'homme et la femme faits à l'image de Dieu, et la croyance en une vie après la mort, ne sont pas structurellement sexistes, et il me semble même qu'elles devraient conduire à l'égalité entre les hommes et les femmes, au respect, à la compréhension et à l'égalité.

Alors je suis d'accord, la religion, les grandes religions monothéistes ne se sont pas traduites par un grand mouvement de libération de la femme. Cela dit, c'est bien connu, quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage. Et en s'empressant de dénoncer la religion comme vecteur d'oppression de l'homme sur la femme, on oublie bien vite que cet état de fait concerne à peu près toutes les sociétés et tous les domaines de l'activité humaine. Et l'organisation matérielle des religions (clergé, dogme etc.) au même titre que le reste. La Religion n'en est pas l'origine, elle a simplement continué à véhiculer, comme tous les autres domaines de la société (à part certains courants politiques assez récemment) un rapport de force qui existait en dehors du fait religieux.

Après, les religions ont souvent été récupérées soit par des groupes dominants cherchant à perpétuer l'ordre des choses (voir le rôle du Clergé dans l'Ancien Régime). Certaines branches se sont par ailleurs enfoncées dans des visions et des lectures très traditionalistes, voire réactionnaires d'une foi qui ne l'était pas, ou pas forcément, au départ. Le dogme catholique de l' "Immaculée conception", par exemple, ne date que du XIXème siècle.

La religion a donc pu être, à certaines époques, une force de progrès considérable. Mais elle s'est bien souvent aussi adaptée au contexte dans lequel elle se développait. La place de la femme dans l'Islam, par exemple, dépend surtout de la culture, du pays, de la branche dans la religion, des traditions qui y préexistaient, etc.

Bref, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. Bien sûr, libre à chacun de croire ou de ne pas croire, ou de choisir sa religion selon sa foi. Mais le fait de ne pas croire ne justifie pas le mensonge et la caricature. La domination masculine est pour des raisons originellement physiologiques, un trait commun de la majorité des cultures et des sociétés humaines. Et désigner les mauvais responsables, ou mettre tout dans le même sac, n'aidera pas à gagner ce combat.