Évidement, cela ne change pas le fond de mon article précédent, qui était de m'émouvoir que, au titre de sa notoriété et de son œuvre cinématographique, beaucoup prennent la défense du susdit Polanski et minimisent les faits. Si les choses semblent effectivement plus complexes que ça, il n'en reste pas moins qu'il est idiot et abjecte de considérer qu'une personne, par son statut et ses qualités d'artiste, n'aurait pas le même traitement judiciaire qu'un autre justiciable.

Pour ce qui est de la procédure judiciaire, il semble, à un lire notamment un article du Monde, que les choses se soient passées ainsi, concernant la procédure judiciaire :

D'une part, Polanski a bénéficier de la procédure de plaider coupable, qui permet de "négocier" la peine et les charges retenu contre le fait de plaider coupable, qui évite à tout le monde un long et coûteux procès. Petit rappel des faits : Polanski avait donné du champagne et un sédatif à un mannequin de 13 ans pour avoir des relations sexuelles avec elles. Lors de la procédure de plaider coupable, le cinéaste a accepter de reconnaitre qu'il avait fait boire et fourni de la drogue à la jeune femme, et qu'il avait eu une relation illégale du fait de son jeune âge, contre l'abandon de la charge de "viol". Procédure magique où une relation non consentie devient consentie pour accélérer le dénouement d'un procès. L'homme a donc été condamné pour "relation illégale" et a purgé sa peine de prison. Il aurait quitté les Etats-Unis face à la menace d'un deuxième procès mené par le seul juge Rittenband, ensuite démis de l'affaire à cause de ses dérives et excès de pouvoir.

Dont acte. Si ces précisions sont exactes, Polanski a été jugé et condamné pour une relation illégale sans viol, et s'est enfui lorsqu'un juge a voulu remettre en cause l'accord passé lors du plaider coupable. Alors finalement, autant que le procès Polanski, c'est le procès de ce type de procédure judiciaire qu'il faudrait faire. Cette procédure inique qui déforme la vérité et les faits au gré des petits arrangements passé entre le prévenu et le juge dans un bureau calfeutré... "J'accepte d'accélérer ta procédure et de prendre 10 mois, et toi tu oublies que c'était un viol". Belle vision de la justice, qui n'est certes pas propre à M. Polanski, mais qui me paraît totalement... injuste et injustifiable.
Au final, la vérité et la justice n'en sortent pas grandies. Et la situation actuelle me semble être la conséquence d'une procédure aussi boiteuse. Quant à la mannequin qui a souhaité que les poursuites s'arrêtent, je le répète, contrairement à ce que laisse penser l'article du Monde, ce n'est pas à elle seule d'en juger, puisqu'elle n'est pas la seule victime. En droguant et en violant une mineure, c'est la société toute entière que Polanski a agressée, en faisant peser un risque, un commettant un crime qui ne peut pas rester sans condamnation.

Voilà les précisions que je voulais apporter. Effectivement, on peut relativiser en se disant que Polanski a purgé sa peine et qu'il avait un accord avec la justice américaine, accord qu'un juge n'a pas respecté. On peut aussi se dire que, ce soir là, un viol a été commis, et que ce crime dont l'auteur est connu n'a pas été sanctionné. Alors on peut parler de matraquage médiatique, dire qu'il a assez payé... Pour ma part, je ne plaindrai pas Polanski. Et s'il doit retourner devant la court pour ce crime, que les américains en profitent pour s'interroger sur la validité de la procédure de plaider coupable, et sur la brillante efficacité de ses résultats...