Polanski doit être jugé !
Par Etienne le mardi 29 septembre 2009, 14:16 - Quotidien - Lien permanent
Je suis un peu surpris par les réactions suscitées par l'arrestation du cinéaste, et par le fait que tout e monde s'en étonne, voire proteste. C'est n'est pas simplement pour une "affaire de mœurs", comme le disent laconiquement certains journaliste, qu'il a été arrêté, mais bien pour un viol pédophile !
En 1977, Roman Polanski donne une coupe de champagne et un sédatif à une jeune modèle de 13 ans pour pouvoir lui imposer une relation sexuelle. Il s'est donc rendu coupable d'un viol pédophile sur une fille qu'il a drogué. Alors, au nom de quoi le cinéaste échapperai-t-il à la justice ?
Les uns répondent que l'affaire est ancienne. Elle est certes ancienne, mais elle n'est pas prescrite. Polanski doit donc toujours répondre de ses actes devant la justice, quel que soit le temps qui s'est écoulé, et surtout dans la mesure où il n'existe pas de prescription des crimes aux U.S.A.Dès lors, un crime commis doit être, dès lors que le coupable et connu et qu'il est responsable de ses acte, jugé et sanctionné.
Autre argument avancé : la victime a exprimé l e souhait que les poursuites cessent. Si la volonté de la poursuite est essentielle en matière de justice civile (pour obtenir réparation), en matière criminelle, il en va tout autrement. A partir du moment où les faits sont avérés, ce n'est plus du seul ressort de la victime. C'est la société toute entière qui a été attaquée, l'ordre social et ses règles fondamentales. C’est donc la société dans son ensemble qui poursuit les criminelles, par la voix de la justice (du procureur, en France), et pas seulement les victimes. Peut importe, finalement, que les victimes souhaitent qu'il y ai poursuites ou pas, le crime est suffisamment grave pour que le criminel présumé doive en répondre devant un tribunal, et être sanctionné en conséquence.
Mais, on le sent bien, l'argument de fond, qui convainc la majorité mais que personne ne dit, c'est que Roman Polanski est un grand cinéaste célèbre, et que l'on devrait fermer les yeux sur ses agissements, compte tenu de l'ancienneté des faits et de la rétractation de la victime, parce que, quand même, c'est un grand artiste. Intervient un troisième principe fondamental : l'égalité de tous devant la loi. Il n'y a aucune raison que le cinéaste, sous prétexte de sa palme d'or, n'ait pas à rendre compte de ses actes. Ce qui me désole le plus, c'est que si ça avait été un parfait inconnu, il aurait été jeté en pâture à la vindicte populaire qui aurait considéré qu'il était bien normal qu'il paye - il s'en serai même trouvé un certain nombre pour crier "Pendez le, ce salopard !". Mais là non, ce n'est qu'une vieille affaire de mœurs, et il a été arrêté dans le cadre d'un festival, bla bla bla. Nous sommes tous égaux devant la loi, et si nous sommes accusés d'un crime, nous devons en répondre !
Il n'y a donc, dans mon esprit, pas la moindre hésitation : Polanski doit répondre de ses actes ! Il doit être jugé devant un tribunal américain. Et il doit purger la peine qui sera prononcée.




Commentaires
je suis d'accord avec toi ! Sous prétexte que Monsieur Polanski est une sommité du Cinéma (et je lui reconnais un talent indéniable)...il serait au dessus des lois ?
Mais dans quel monde vit-on ? Un monde ou privilèges et castes sont encore une réalité : on le savait déjà, en voici un exemple de plus !
Est ce qu'on pense une seconde à cette petite de 13 ans, qui a été violentée et choquée à vie par cette relation forcée ou pas un peu contre nature quand même !
donc selon vous la prescription est une notion qui n'a aucun sens ?
Et cela sans parler des détails de l'affaire assez compliquée, c'est oublié que l'etat de californie avait abandonné les poursuites pour viol, car Polanski a plaidé coupable aux accusation de détournement de mineur, mais le juge a refusé d'entériné l'accord pour avoir le plaisir de se payé polanski dans son tribunal.
Un affaire bien trop compliqué pour être résumé en une phrase.
La prescription n'existe pas aux Etats Unis,d'une part, car sinon oui, il y a prescription puisque l'affaire remonte à plus de 30 ans, d'autre part, faire le parallèle avec Papon et l'imprescribilité due aux crimes contre l'humanité me parait un peu léger ...
Quoiqu'il en soit, je pense que Bertrand a raison, l'affaire est bien plus complexe que ça ...
Mon cher Etienne,
Pour une fois, je suis tout à fait d'accord avec toi.
Pour un citoyen normal, l'extradition n'aurait ému personne.... Lire la suite
Dans cette affaire, ce qui m'étonne, c'est que cette affaire n'ait pas été connue plus tôt.
Elle est connue depuis bien longtemps sauf qu'elle est tue des mais si Monsieur Polanski n'avait pas fui ses responsabilités depuis 30 ans en fuyant les États-Unis, cette affaire aurait été réglée plus tôt. Qu'il soit innocent ou coupable, et quoi qu'on lui reproche il aurait du faire fasse à la justice, il y a longtemps déjà.
Prescription, plaider coupable... Oui, bien s... Lire la suiteûr, comme toute procédure judiciaire, c'est une affaire compliqué. Mais ce n'est pas la peine non plus de compliquer les choses à outrance, pour le plaisir !
Tant qu'il y a un mandat d'arrêt international effectif, c'est que la procédure n'est pas achevée. Et après, qu'il ai plaidé coupable ou non, qu'il y ai une guéguerre entre les juges ou non, il est poursuivi pour un crime et doit en répondre.
Bref les détails sont intéressants aussi, et on peut en discuter. Sauf que le cœur du problème est là : une majorité de personne semble penser aujourd'hui, sans rentrer dans les détails, que c'est pas trop grave, est qu'on devrait le laisser tranquille. Et, je le répète, cette idée est, pour un crime, une violation totalement insupportable du principe d'égalité devant la justice.
Pour les détails, mea culpa pour Papon, j'ai gagné un point Godwin. C'était pour pousser le raisonnement jusqu'au bout, mais je vieux bien admettre que les fais reprochés sont incomparables, et que pour un crime contre l'humanité le débat sur la prescription est différent. Mais prescription il n'y a pas aux USA apparement, dont acte. Merci Fabienne.
Enfin, pour le plaider coupable, effectivement, Bertrand, parlosn en ! La belle proc... Lire la suiteédure que voilà : dans le secret feutré d'un bureau, Polanski aurait troqué le fait de plaider coupable pour un acte sexuel illégal et la fourniture de drogue à une mineur, contre l'abandon des charges de viols. On peut critiquer le juge qui a voulu se payer Polanski en passant outre cette procédure. Mais on peut surtout s'estomaquer de cette petite négociation minable qu'on oublie une aprtie de la vérité dans un petit arrangement, dans le secret du bureau d'un juge...
Et ça n'enlève rien que, que ce soit el qualificatif de viol ou pas qui soit retenu, il aurai du comparaitre, et être sanctionné, et purger une peine.
je valide !!!
Je me demande ce qu'en aurait pensé un certain Mr Jackson.
Aux EU, tout s'achète, surtout la justice...
Polanski n'a qu'à lancer une souscription
je crois que Monsieur Jackson a fait fasse à son procès lui. Même si ce procès a été une grande mascarade ! et les accusateurs de réels escrocs mais bon
Etienne, je t'aime bien mais là c'est vraiment n'importe quoi. Comparer Papon qui est coupable de crimes contre l'humanité à Polanski qui aurait commis un viol, je rêve !!!
Il ne faut pas oublier non plus, et ce n'est pas un détail, que la victime lui a pardonné. Alors pourquoi s'acharner contre lui 30 ans après les faits ? Il n'as pas vécu de choses assez douloureuses dans sa vie pour qu'on ressente le besoin d'en rajouter encore ?
Alors pour Papon, j'ai fait mon mea culpa qqs cases plus haut... Ça n'en change rien au fond du raisonnement : l'argument que les poursuites devraient cesser parce qu'il est trop vieux ou que trop de temps à passer, on ne les entend pas dans plein d'autres cas o... Lire la suiteù l'accusé est moins connu.
Pour ce qui est de de la victime, j'ai déjà expliqué mon raisonnement dans l'article, mais sans doute n'as-tu lu que la partie qui est sur facebook. Un crime ne met pas en jeu qu'une victime et un coupable, mais également la société toute entière, et c'est à ce titre qu'un procureur peut poursuivre, même sans plainte. C'est le droit le plus strict de la victime d'abandonner ses poursuites, mais même si une victime ne poursuit pas la société et la justice doivent poursuivre les criminels pour les juger.
salut etienne ! je suis d'accord avec toi à tous les niveaux et pourtant ce n'est pas souvent le cas ! depuis 3 jours, je n'avais rien lu d'aussi sensé, bravo!
On ne doit pas avoir la même définition du mot sensé Guillaume ! Je pense, au contraire, Etienne que s'il était inconnu, on lui aurait foutu la paix. Mais les Etats-Unis ont une soif génétique de vengeance, de faire payer à tout prix celui qui a fauté même 30 ans après. Je suis étonné qu'en France certains soient dans le même état d'esprit. Connaissez-vous le mot pardon ?
Je pense que s'il avait été inconnu, il dormirai dans une prison américaine à l'heure qu'il est...
Sa notoriété est la clef de la mobilisation à l'heure actuelle, et sa meilleure protection... De toutes les façons il ne sera aps un prévenu comme les autres...
Reste à savoir si on pense que le droit doit s'appliquer à lui comme à tous les autres, et quel droit, ou s'il faut faire des exceptions...
Euh, il faudrait peut-être rappeler quelques simples faits :
1. Polanski a plaid... Lire la suiteé coupable de viol sur mineure (la requalification est la conséquence de son plead guilty, à 13 on n'est JAMAIS consentante) et s'est soustrait à la justice américaine
2. Ceux qui prennent la justice américaine pour celle d'une république bananière devraient aller faire un tour dans nos comparutions immédiates et nos maisons d'arrêt. Lire notre code de procédure pénale et le comparer à leurs règles aussi. Se rappeler que là-bas, le président est un justiciable comme un autre...Les US sont une grande démocratie (hors peine capitale ds certains Etats, et ecnore, chez moi c'est idéologique), un peu de droit comparé ne ferait pas de mal...
3. LA PRESCRIPTION EXISTE EN DROIT AMERICAIN (californien en l'esp... Lire la suiteèce) mais comme en France, un certain nombre d'actes de procédure (parmi lesquels la délivrance d'un mandat d'arrêt) entraînent une interruption de son cours.
Cette affaire n'est donc pas prescrite, pas plus que celle du petit Grégory qui aurait aujourd'hui 30 ans.
4. Puisque RP a plaidé coupable, il ne sera pas rejugé sur le fond mais sur la détermination de la peine, et ce sera 4 ans tout au plus (accord initial valable)...sans compter un transferement en France et donc, l'application des réductions de peine.
5. Enfin, sur la question du pardon de la victime, faudrait voir à se rappeler que la justice p... Lire la suiteénale n'a pas pour fonction de venger les victimes. A l'inverse, elle n'a pas à lâcher l'affaire sur demande de celles-ci. C'est entre un individu et un Etat qui l'accuse d'avoir violé sa loi pénale, donc d'intérêt général. Pour les victimes ça se passe au civil, et pour cette victime là, c'était 225.000$
Donc, tout ce blabla bien long pour dire que je suis bien d'accord avec toi Etienne, et pour info, le plaider coupable/non coupable aux Etats Unis se déroule lors d'une audience préliminaire publique, devant un magistrat du siège....en matière de contradictoire et de publicité des débats la "génétique" américaine a quand même évité quelques tares dont nous sommes bien pourvus en France
Mais nous on est le pays des droits de l'homme, ouaaaaaaais!!!
Juste un truc, il me semblait qu'il avait plaidé coupable sur le reste, mais avait négocié en échange l'abandon des charges de viol... Mes infos sont fausses ?
Cela dit ca rentre en contradiction avec le fait qu'un rapport avec une fille de 13 ans est par définition un viol...
C'est tout l'art subtil du plaider coupable...l'accus... Lire la suiteé plaide coupable et en échange, les faits sont requalifiés plus "légèrement". On parle en France de correctionnalisation mais ça ne se négocie pas, c'est le Ministère Public qui le détermine en opportunité. Aux US c'est un deal entre l'accusateur (public of course) et l'accusé...au bénéfice de chacun. Tu reconnais le rapport sexuel (pas d'examen médico-légal sur la gamine, économie de l'enquête, de la confrontation, de l'exposition aux médias, de la convocation d'un jury, des frais d'avocat etc...) et en échange on requalifie en abus sexuel sur mineure (max 4 ans). Pour autant, quelques soient les circonstances, l'attitude de la gamine ou son tour de poitrine, la pénétration d'une mineure de 13 ans par un mec de 44 ans est un viol. La requalification est une question de pure opportunité (voilà, j'aurais du commencer par dire ça, c'était plus court!)
Et j'adore les films de Polanski...c'est mon côté catho, je crois à la réinsertion, mais cela nécessite d'abord l'absolution, qui elle impose en 1er lieu d'assumer ses responsabilités. Sartre aurait donc qualifié Polanski de salaud....pour le rapport entre Sartre et la morale chrétienne, je vous invite à l'apéro quand vous voulez :p
Comme on se retrouve Aude ! Et pour ne pas changer, on n'est pas d'accord. Je suis bien d'accord avec toi pour dire que la France n'est pas un mod... Lire la suiteèle en matière de justice et, comme des personnes plus illustres que moi l'ont dit, que nos prisons sont une véritable honte ! Mais, tu pourras me faire la démonstration la plus brillante qui soit en la matière pour essayer de me faire changer d'avis, je préfèrerais toujours la situation en France aux Etats-Unis. 2 faits parlent d'eux mêmes : les Etats-Unis sont le seul pays du monde occidental à appliquer encore de nous jours la peine de mort; Le taux d'emprisonnement par habitant aux Etats-Unis est l'un des plus élevés au monde comparable à celui de la Chine et bien supérieur à la France et aux pays européens.
Ah Fran... Lire la suiteçois! viens donc à l'apéro!!!
La question du surpeuplement des prisons américaines n'est pas lié au mode de fonctionnement de leur justice, mais au modèle social. Chez nous la société est plus "protectrice" donc, moins de passage à l'acte. Et moins de récidive. C'est une question sociologique, pas de procédure.
Et pour résumer ma pensée : Vive le Code pénal français, et vive le Code de Procédure pénale américain (enfin, s'il existait...)
Dans l'absolu, je préfère être jugée par la Justice d'un des 15 Etats non meurtriers des US que par la Justice française, mais quand même, heureusement que je suis française, puisque je pourrai purger ma peine en France, certes dans une prison pourrie, mais avec des remises de peine :p
La justice doit passer. Mais ce n'est qu'une fois que la justice sera passée que tu pourras qualifier Polanski de coupable... cf un autre procès médiatisé où l'on désigne coupable un homme avant même le jugement.
Oui mais non : Par la procédure du plaider coupable, Polanski a reconnu les faits et la justice a acté sa culpabilité. Il ne doit plus se présenter devant les juges que pour se voir notifier sa peine de détention, et l'accomplir, et non pas pour déterminer s'il est coupable ou innocent. Sa culpabilité a déjà été établie.
Bonjour
Il faut laisser le passé dans l'oubli ; ne remuez pas ses cendres.
Sentiments respectueux.
A ce moment là, il n'y a plus aucune justice. Sitôt qu'une faute est commise, elle apaprtient au passé et ne peut plus être jugée...
Brrrrr... Ca fait froid dans le dos !