Non, le PS ne mourra pas !
Il est parfois bon de laisser un peu la pression retomber, et les esprits se calmer. La semaine dernière n'a été, ni au P.S., ni dans les médias, un modèle de modération. Confondre impératif de rénovation et fin du P.S. devient un réflexe pavlovien pour certains. Pour autant, si le parti socialiste traverse bien une crise, il n'est pas mort, loin s'en faut.
Certes, le parti doit changer en profondeur, ce qu'il a commencé à faire depuis le dernier congrès. Mais de là à en conclure la fin du PS, je vous le dit tout net : c'est idiot !
Difficile de faire le tour de tous les arguments possibles et imaginables qui nous sont avancés, à longueur de reportage, pour justifier ce lieu commun. L'un des principaux est le soi-disant écartèlement du Parti Socialiste entre deux orientations : l'une socialiste, l'autre sociale-démocrate.
Et bien mes amis, n'en croyez rien : c'est une chimère ! Tout d'abord parce que le Parti Socialiste a toujours été le lieu de rencontre et d'alliance d'un courant marxiste et d'un courant, on va dire d'héritage démocrate-chrétien. A aucun moment depuis le Congrès de Tour vous n'arriverez à montrer que le parti n'était que l'un ou que l'autre. Cette dualité n'est pas nouvelle, et est loin d'être fondamentale ! Lorsque nous votons une nouvelle déclaration de principe, il y a un an, celle-ci est adoptée à une immense majorité. La ligne est claire : les socialistes prônent une "transformation sociale radicale".
Alors on essaie d'instrumentaliser les différences. Certains journalistes, par exemple, essaient de faire croire que la division entre les ouistes et les nonistes est toujours vive. En réalité, cette grille de lecture n'a plus aucune pertinence aujourd'hui.
Déchiré par des ambitions personnelles ? Bon, je vous l'accorde, elles ne manquent pas au P.S. Et les déclarations de candidature intempestive de ces derniers jours le rappellent à ceux qui l'auraient oublié. Mais néanmoins, hormis quelques exceptions que l'on peut compter sur le doigt de deux mains, chacun à bien compris que ces ambitions n'ont de sens que dans le cadre du Parti. C'est d'ailleurs pour cela que certains camarades, qui n'ont pas grand chose en commun avec le fond idéologique du P.S., restent à tout prix. Chacun sais qu'il n'y a pas de place électorale en dehors du P.S. Que, par exemple, nul ne pourra porter une candidature crédible aux présidentielles s'il n'a pas un grand parti derrière lui. Vous pouvez être sûr qu'aucun ne va prendre le risque de quitter la barque pour tenter l'aventure, seul de son côté ! Prenez l'exemple de Jean-Luc Mélanchon, qui décide de faire bande à part. La première de ses préoccupations, ce n'est pas d'avoir des idées ou de porter un projet alternatif, c'est de trouver au plus vite une alliance électorale qui lui permettra de survivre. Idem pour les anciens camarades convertis au sarkozysme, qui créent un parti (la "Gauche Moderne" qui ne trompe personne) pour pouvoir faire alliance électorale avec l'UMP.
En fin de compte, il suffit de comprendre ce qui fait la force du parti aujourd'hui pour comprendre qu'il ne s'éteindra pas. Nous avons 21 régions sur 22; une majorité de départements; une majorité de grandes villes, d'agglomérations ou de communautés urbaines. Un tissu de dizaine de milliers d'élus locaux et de collaborateurs. Des personnes qui, au quotidien, font vivre les idées du parti, mènent des politiques ambitieuses en matière de logement, de transport, de développement économique (oui, avec les lois du marché !). Ce sont eux qui se battent au quotidien pour la lutte contre el changement climatique, et le respect de l'environnement. Ils travaillent ensemble, dans les collectivités, souvent très loin d'histoires de courants, d'enjeux stratégiques nationaux... Ils écrivent l'histoire de la gauche au quotidien, et font changer la société.
Beaucoup plus cyniquement, collaborateurs et élus locaux, chacun sais que cela ne repose que sur un parti socialiste uni, large et ouvert. Et qu'un effondrement du parti ou son éclatement donnerai les clefs de toutes ces collectivités à la droite. Le local est donc bien le ciment du PS.
Mais ça, la presse nationale ne le voit pas. Elle ne connait le PS qu'à travers Solferino, et donc pas du meilleur côté. Finalement, l'image du P.S. est biaisée par ça. L'image que vous en avez, c'est celle que les journalistes relaient de Solferino. Jamais on ne parle de ces politiques locales, de ces fédérations qui marchent, de ces sections qui militent, de ces mairies, départements ou régions qui sont des laboratoires d'idées, qui construisent la solidarité au quotidien, ou qui vivent au quotidien, dans leur fonctionnement, l'union de la gauche.
Le Parti Socialiste a donc le même problème que les banlieues. On ne parle que d'un petit groupe de délinquant qui a complètement oublié les règles élémentaires du vivre ensemble. Au P.S. comme dans les quartiers sensible, seul un tout petit groupe de quelques personnes ne respecte pas les règles du jeu. Comme c'est ce qui se voit le plus, ce qui est le plus facile à montrer, et le plus à porté des médias, c'est l'essentiel de ce que l'on retient. Mais on ne montre pas, en dehors de ça, l'incroyable travail fait par les acteurs de terrains. On n'explique pas la cohésion qui fait que des milliers de personnes se sentent former un groupe, et essaient de se bouger pour le collectif. Ce sont les associations, les structures de lien sociales qui, dans les quartiers, sont oubliés. Ce sont els sections, els équipes locales, ceux qui font vivre le parti au quotidien, loin des instances nationales, qui sont, aujourd'hui, le Parti Socialiste. Et qui construiront les victoires de demain.
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Bonne analyse. Cela change des permis d'inhumer que France Inter a délivrés à longueur d'antenne. Mais si les responsables qui causent dans le poste parlaient des problèmes de la France (voire de l'Europe) au lieu des problèmes d'orga de la rue Solférino, cela changerait un peu... La droite a tout autant de problème, mais depuis quelque temps a cessé d'être la droite la plus bête du monde. Et quand les cire-pompe de Sarkozy causent dans le poste, ils parlent des projets pour le pays, criticables certes, mais pas de leurs problèmes internes...
On ne peut pas tout le temps se voiler la face: il n'existe aucun système de rétro-contrôle des élus par la base militante. Le parti est une machine à faire élire ceux qu'il a coopté. Les militants peuvent ravaler leur honte quand un élu ou un haut cadre socialiste déroge dans sa pratique ou dans ses propos aux valeurs et aux promesses de campagne. L'élu règne, le militant tracte.
Dire qu'il aura fallu l'intervention de Mr Sarkosy pour procéder à une "épuration" du PS: au fil des recrutements ministériels il soulage le PS de ses brebis galeuses. Dommage que ce faisant il nous ridiculise un peu. Un tout petit peu...
Tout à fait d'accord, les élus qui bossent au quotidien dans les villes, agglos, communautés urbaines, conseils généraux et régionaux ont été bafoués, ignorés, pourquoi? Parce que sur la France érigée en terrain de foot, on ne focalise que sur les hors jeux, les cartons rouges et jaunes, et les media ne voient que cela! Mais quand tout le reste de l'équipe fait du super bon boulot, va au charbon tous les jours y compris en terme de développement durable où les socialistes"aux affaires"n'ont pas à prendre de leçons des écolos du "dimanche 7 épicétou",hé bien hélas, on n'en parle pas....et on prend la partie (pourrie) pour le tout, et tout comme dans la société de consommation, on jette le fruit entier alors qu'il est talé a minima...C'est injuste, c'est ingrat, c'est ignoble, mais j'espère -pour rendre hommage à tous ces élus, à tous ces miiltants de dix sept à quatre vingt dix sept ans- qu'ils pourront voir le fruit de leur travail récompensé par des élections plus proches géographiquement et humainement...Et si Sarko crève nos abcès, remercions le de prendre chez nous le pire et de nous laisser le meilleur!
Mais il est où le parti socialiste alors que les acquis sociaux nous sont petit à petit supprimés ? C'est à pleurer de rage et de désespérance, mais aucune voix assez puissante pour contrecarrer les mesures du gouvernement.
Le travail le dimanche et bientôt pendant les congés maladie ou parental... HELP ! il y a urgence !!
Mais le PS est là, Nounise, et il agit !
Les difficultés du projet HADOPI, rejeté, repoussé, retoqué par le Conseil Constitutionnel; l'abandon de la première mouture sur le projet de loi du travail dominical. la proposition d'un plan de relance alternatif (baptisé "contre-plan de relance"); la dénonciation du démantellement du service public, notamment du pôle emploi; la bronca contre la réforme des 35h...
Vous ne pouvez pas tout nous reprochez... Nous nous battons, nous défendons les acquis sociaux, nous nous opposons au gouvernement, nous le mettons en difficulté bien des fois et par différent moyens. nous étions très mobilisés, dans la rue, pendant les manifs de ce semestre...
Alors d'accord les médias en parlent pas assez, mais il n'empêche, tout ça, c'est là, et nous n'abandonnons ni notre rôle d'opposant, ni notre responsabilité face au démentellement et aux attaques de la droite...
Après, il ne t'aura pas échappé que nous sommes minoritaires à l'Assemblée. Et que, compte tenu de l'importance d'un gouvernement et surtout d'un président qui écrase la chambre, nos marges de manoeuvres sont très limitées. Mais nous les utilisons toutes, et au mieux que nous pouvons.
C'est sans doute moins vendeur pour les médias, mais il y a des dizaines de sites et de blogs,d e parlementaires, d'élus, de militants ou tu pourras lire tout ce travail, et toutes ces prises de positions.
Nous sommes bel et bien là, et nous nous battons !
Merci pour cette réponse Etienne, mais j'aimerais que vos voix soient ASSOURDISSANTES, que vous HURLIEZ, que l'on entende plus QUE VOUS !!
Nous aurions moins ce sentiment d'abandon quand les acquis sociaux tombent les uns après les autres.
A 61 ans, je fais encore 150 km pour aller manifester... Je me suis toujours battue politiquement, et je continue, plus pour moi bien sûr, mais pour le futur de nos générations.
Amitié.
Je partage votre avis pour dire que le PS n'est pas mort... il a bien trop d'élus pour mourir aussi facilement. Simplement, le PS attend trop de Paris quand il pourrait agir plus librement sur le territoire qui est le sien.
Ce n'est pas par hasard que JY Le Drian est apprécié en Bretagne. C'est d'abord parce qu'il ne rentre pas (ou en tout cas, pas trop) dans les querelles parisiennes. Jusqu'à incarner presque un PS breton. Sans lui, où en seriez-vous franchement?
Ne pleurez pas le départ de Mélenchon, populiste et jacobin, il n'a pas d'avenir dans une Bretagne qui veut assumer sa double identité. Vous qui écrivez être "breton de coeur", croyez un militant UDB qui a, lui, "la Bretagne au coeur et le coeur à gauche".
Clarifiez vos choix sur certains sujets en Bretagne (réunification par exemple) et vous y gagnerez.
A galon
Gael Briand.
Je n'ai jamais pleuré le départ de Mélanchon, bien au contraire.
Je suis on ne peut plus d'accord que la vitalité d'un parti est beaucoup dans son maillage territorial, dans sa présence sur le terrain et dans l'action de ses élus locaux. Mais ce n'est pas que ça. Et il y a un juste équilibre a trouver entre ce que peuvent porter les partis dans les territoires, leur capacité d'innovation et d'adaptation, et une cohérence nationale à conserver.
Il n'y a pas de PS Breton. Il y a un PS en Bretagne. Nous n'avons pas vocation à nous distinguer à tout prix ou à imposer des clivages : notre but n'est pas (seulement) de mener des politiques de gauche en Bretagne, mais de devenir majoritaire dans notre pays. Accentuer des lignes de clivages sur des questions qui ne font pas consensus au niveau national ne peut que retarder le moment où nous serons à nouveau majoritaire, condition sine qua none à la mise en application des idées pour lesquelles nous nous battons.