• Prendre des photos, oui, mais en quel format ?


A cette étape, la chose est relativement simple : plus on veut avoir de possibilités pour retoucher la photo, plus il faut garder d'informations, et plus les fichiers sont lourds. C'est donc un compromis à trouver. Si c'est juste pour mettre des petites photos à la va-vite sur internet, pour illustrer un article, par exemple, ds petites photos compressées en JPG iront bien. Maintenant, pour faire de la photo, il faut autre chose. Je recommande tous ceux qui veulent avoir des photos qui soient, après post-traitement, les meilleurs possible, de ne prendre leurs clichés qu'en RAW.
Le RAW, c'est le nom par lequel on désigne les fichiers qui conservent l'intégralité des données enregistrées par le capteur. Ce n'est pas un format standard, chaque constructeur a le sien (*.crw ou *.cr2 pour Canon). Il est beaucoup plus avantageux que le format jpg, qui est une compression faite directement par l'appareil photo, et donc qui dégrade l'image. Les possibilités de retouche, d'amélioration, d'agrandissement sont ensuite infinies.
Trois inconvénients : ces fichiers ne peuvent s'ouvrir que par des logiciels spécialisés; ils sont très lourds, et prennent plus de place sur la carte mémoire (8 Mo au lieu de 2 Mo sur mon Eos 30 D); enfin, l'appareilles enregistre plus lentement, ce qui peut être une contrainte en mode rafale (prise d'une série de photo d'un oiseau à l'envol, par exemple; toujours sur mon EOS, je peux prendre 7 RAW de rang, contre une trentaine de JPG).
Pour le transfert des photos sur l'ordinateur, surtout, oubliez le câble reliant l'appareil au PC, c'est long, pas pratique. prenez un lecteur de carte, et ca devient simple, pratique et rapide comme une clef USB.


  • Quel logiciel ?


Bon, ça y'est, vous avez vos photos copiées sur votre disque dur. C'est déjà une bonne chose de faite, mais maintenant, avec quoi allez vous faire le post-taitement ? Il vous faut déjà un logiciel qui gère correctement le Raw, ce qui élimine d'office les plus basiques. mon conseil, c'est de fuir les logiciels conçus pour les graphistes (et non pour les photographes), comme Photoshop. C'est bien pour retoucher particulièrement un cliché exceptionnel, où que vous voulez particulièrement retravailler. Mais c'est assez lourd et peu pratique pour traiter un flux d'images, vos 150 clichés de votre chat, par exemple, ou votre série d'essais de photos de nuit.
En fait, le logiciel doit vous permettre de gérer correctement trois étapes : la sélection, le traitement et la retouche en tant que tel, et l'exploitation (exportation, création de support, etc.).
Pour ma part, je suis un inconditionnel de Lightroom 2 (Adobe), un logiciel réellement conçu pour les photographes. Et j'avoue que, en quelques mois, je ne saurai plus m'en passer.
Pourquoi Lightroom ? Pour plein de raisons, que je ne détaillerai pas. En vrac comme ça, la possibilité de sélectionner rapidement les meilleurs clichés parmi toute la série, la très bonne ergonomie, la grande qualité de ses retouches et retraitement, le fait que ses retouches soient non destructives (vous pouvez toujours revenir en arrière, même deux ans après), sa parfaite adéquation avec la méthode de travail d'un photographe, qu'il soit amateur ou professionnel, son fonctionnement très intuitif et parallèlement son très large éventail d'outils, qui ne nous laisse jamais en rade. Deux inconvénients : le prix, d'une part (300 €), et l'impossibilité de faire des retouches type montage sur la photo,<pour ça vous devrez repasser par Photoshop ou par Gimp, etc.


  • Le tri des images


Une fois que vous avez tout importé dans un catalogue, l'onglet Bibliothèque vous attend. Vous avez là les miniatures de tous les clichés que vous avez pris. Faites d'abord une première sélection en gros : effacer tout ce qui est sans intérêt, mal composé, flou, franchement sur-exposé ou sous exposé. Allez-y franchement ! Ne cherchez pas à garder toutes les photos plus ou moins réussies, mais ne gardez que celles qui sont vraiment très réussies, et qui on quelque chose de particulier ou d'exceptionnel.

bibliothèque
Une fois le premier tri de gros réalisé, augmentez la taille des miniatures jusqu'à n'en avoir plus que 6 par écran, et faites une deuxième sélection. Puis une troisième, avec des miniatures assez grosse pour n'avoir qu'une photo ou deux par page, ce qui vous permet de voir et de comparer sur des détails (en particulier quand vous avez encore plusieurs photos quasiment identiques.
Cette sélection est une étape très importante à mon sens, et qui prend pas mal de temps. Sur internet, bon nombre de photographes, qui font pourtant un travail de qualité, gâchent tout en noyant leurs meilleurs clichés sous une avalanche de photos fades, ratées, sans intérêts ou similaires. C'est d'ailleurs la première chose que je regarde quand je m'intéresse à un flickrnautes : si je vois qu'il met des centaines de photos par mois, je ne prends même pas la peine de regarder sa galerie.


  • Recadrage et rotation


Une fois la sélection faite, on passe à l'onglet "développement". Là, un éventail énorme de possibilités de retouches s'ouvre à nous - il s'agit de retouches globales, puisqu'on est sur un logiciel pour photographes, et pas de retouches de détails comme sur un logiciel de graphiste.Il y a bien un petit outil qui peut enlever une tache ou une marque, mais ça s'arrête là.
La première chose à faire est, le cas échéant, le recadrage et éventuellement la rotation, si la photo n'est pas parfaitement droite. Pour la rotation, des lignes guides aident à trouver l'horizontalité sous lightroom. pour le recadrage, il n'est pas rare, même avec un réflex, que ça ne soit pas parfait au moment du cliché, qu'il faille se resserrer et se concentrer sur une zone, une scène, qu'il faille couper un élément disgracieux. Ça peut être aussi de changer de format : passage en panoramique (pour qu'une photo de mer soit moins plate, par exemple), ou dans l'original mais très esthétique "moyen format" (format carré). Dans le recadrage, une fois encore, des lignes nous aide sous lightroom a respecter la règle des tiers, en montrant où se situent ces tiers sur la photo, ajusté au cadrage que l'on recherche.


  • La balance des blancs


balance des blancsImmédiatement après vient la balance des blancs. Cette étape vise à corriger les couleurs dominantes d'une photo. C'est particulièrement frappant avec le numérique : prenez une photo sous les nuages et vous aurez une teinte bleutée; dans une pièce fermée et vous aurez un éclairage jaune-orange. Vous allez me dire : la balance des blancs peut se régler sur l'appareil photo. Oui, certes. Mais si vous avez pris vos photos en Raw, plus besoin de vous occuper de la balance des blancs au moment de la prise de vue ! Tout peut être corrigé et récupéré au moment du post-traitement, et même de manière beaucoup plus fine qu'avec votre appareil.
La balance des blancs se règle par deux réglages : la température de couleur, allant du bleu au jaune, et la teinte, allant du vert au magenta. Pour faire le réglage, rien de plus simple ! Il suffit de déplacer un curseur sur une réglette horizontal. La modification se fait en direct sur le cliché, dans la fenêtre principale. Il suffit de faire d'y aller par petites touches, en cherchant ce qui s'approche le plus de ce que l'on a vu, ou bien du rendu que l'on veut avoir.
La capture d'écran n'est pas des plus spectaculaire, cette opération peut l'être beaucoup plus. Mais elle montre la photo avant et après un réglage de balance des blancs, où j'ai voulu atténuer la dominante jaune de la photo, sans la supprimer (j'aurai très bien pu faire devenir les pierres blanches, mais j'aurai perdu cet aspect "éclairage de nuit". Mais vous pouvez aussi bien donner une couleur parfaitement naturelle à quelque chose éclairé par des spots violets, ou donner une impression de soleil et de couleurs plus chaudes à une photo prise sous un plafond nuageux des plus épais.

  • Régler l'exposition


terneLe recadrage est fait, les couleurs et la teinte de votre cliché est globalement correct. Passons maintenant à l'exposition. Grâce à lightroom et au format raw, vous pouvez (presque) tout faire. Vous pouvez rattraper un cliché sous-exposé ou, au contraire, atténuer un cliché sur-exposé, avec l'outil "exposition". Vous pouvez augmenter la luminosité comme si vous aviez utilisé un flash d'appoint, mais sans "tache" blanc vif sur la photo. Vous pouvez atténuer les hautes lumières, les zones brûlées par l'outil "récupération", ou récupérer des noirs bien noirs avec la réglette "noirs".
En quelque sorte, rien n'est impossible.Vos photos ternes ou sur-exposées peuvent être exploitées et rééquilibrées.



  • Contraste, saturation, clarté et bruit


Viennent ensuite différents réglages, si besoin est : augmenter le contraste pour éviter les photos ternes; donner un peu plus de pêche à vos couleurs avec les outils "vibrance" et "saturation" (à utiliser avec beaucoup de modération, pour que votre photo garde un aspect naturel ! Là encore, je ne compte pas les photos que je trouve gâchées par des couleurs trop forcées et artificielles).
Pour ce qui est du bruit (les petites taches qui apparaissent lorsque la sensibilité est trop élevée et les photos assez sombres, il y a un outil qui permet de réduire le bruit "graphique" (impression de petits granulés lorsqu'on zoom) ou de couleur (petites taches de couleurs violettes ou rouge, bien souvent.).



  • Export : là encore, quel format ?


Une fois le développement, ou post-traitement, fini, éventuellement, utiliser l'outil "avant/après", qui permet de scinder une image en deux et montrer d'une aprt le cliché original, d'autre part le cliché post-traité (cf. capture d'écran jointes à ce billet). Cela permet de se donner une idée, et de voir si on a pas un peu exagéré un effet, ou si on n'a pas foiré le post-traitement quelque part.
Je passe rapidement sur les différentes possibilités qu'ouvre Lightroom sur les projets photos, je ne m'en suis jamais servi, mais les outils de diaporama, d'impression ou de création e page web ou l'air bigrement bien faits.
Une fois le post-traitement fait, il faut donc exporter, pour passer d'un fichier lightroom à un fichier lisible par tous. Pour ma part, je fais toujours deux exportations. La première en jpg, sur une version très légère. En générale, je limite la photo en taille (par exemple limitation à 700 pixels de largeur). Ca permet d'avoir un fichier léger, que l'on peut envoyer facilement par mail et sur Internet, et d'une qualité suffisamment moyenne pour qu'il ne puisse pas être repris pour des usages un peu poussés - je pense bientôt rajouter une signature graphique sur ces fichiers, ce que permet facilement Lightroom. Ces fichiers jpg pèsent entre 400 et 800 Ko, environ.
Puis, je fais un deuxième export, pour conserver une photo de la meilleure qualité possible. J'exporte pour cela en tiff, sans aucun redimensionnement évidement. les fichiers font entre 15 et 35 Mo. Cela me permet d'avoir la photo en très bonne qualité, ce qui permet de faire des grands agrandissements, ou bien un jour, éventuellement, de la proposer à une agence de com' ou à quelqu'un qui veut faire une affiche, de faire un bouquin, que sais-je encore. Je garde également certains originaux en Raw de fichiers particulièrement intéressants, que je voudrai retraiter éventuellement d'une autre façon à l'avenir (noir et blanc, etc.)





  • Et enfin, conserver ses données


Peu de photographes amateurs prennent assez de soin de leurs photos. Mettre tout sur un disque dur, et le jour où il fume, paf : plus une seule photo. Il faut donc les enregistrer sur deux disques durs physiquement distincts, avec un des disques durs qui, dans l'idéal, ne reste pas avec l'autre (en cas de vol ou d'incendie, les deux disques ne doivent pas être concernés de la même façon...
Par ailleurs j'envoie les fichiers jpg sur Flickr, pour que tout le monde puisse en profiter, et pour les avoir sauvés à un troisième endroit, en ligne.


panorama












contraste


vibrance