Si vos pas vous amènent jusqu'à Brest, prolongez un peu votre séjour, et prenez la peine de parcourir cette légendaire "route des phares". Il y a, bien sûr, les sentinelles de la mer, ces vigies silencieuses qui guident les marins. Chacun est différent, chacun est à la fois unique et mythique, par sa silhouette, son emplacement, ou même son nom. Des noms qui chatouillent l'imagination : l'île vierge, le Sitff, le Créac'h, les pierres noires, Kéréhon, le phare du Four...
Mais la route des phares va bien au delà d'une déambulation à la recherche de ces gardiens de feu... Il y a plus. Il y a ces innombrables petits ports, ces petites criques en bas des falaises, battues par le vent. Cette lande sauvage où courent les lapins et où s'étend la bruyère. Le bruit des chaluts et des casayeurs qui rentrent au port, les éclats de voix des marins qui débarquent.
Il y a aussi ce vent, omniprésent, et la lumière douce et magique, changeante à toute heure de la journée, en fonction de la position du soleil, de la présence de nuages, de la marée... Il y a ces bateaux qui naviguent au loin, ces îles qui s'étendent à perte de vue, l'odeur du large, des algues et, de place en place, du beurre salé qui fond doucement sur une galette, dans la cuisine d'un restaurant...

Cette route, la route des phares, on sait où elle commence, mais on ne sait pas très bien où elle s'arrête. Ce qui est sûr, c'est qu'elle part de Brest. Certains vous diront qu'elle se termine à Portsall, d'autres la font aller jusqu'à Brignognan, quelques uns, plus modérés, la font se perdre dans les Abers, face à l'île vierge. La plupart la font en voiture, mais certains téméraires se risqueront de parcours le chemin des phares, à pied, d'autres proposant plutôt le vélo, voire le cheval ou - qui sait... une balade en voilier.
En attendant de pouvoir vous mener sur ces chemins, vous faire découvrir ces endroits magiques et vous proposer l'ambiance unique de ce parcours, je vous propose de le suivre ensemble par l'intermédiaire de quelques photos.


  • Le départ de Brest et l'Arsenal

Lorsque vous quittez Brest, l'idéal est de longer l'Arsenal par la route de la corniche. Bien sûr, vous ne trouverez pas là de beaux paysages bucoliques et champêtres. Mais un élément essentiel de la vie de Brest depuis son émergence : l'arsenal et le port militaire. Cantonné initialement aux rives de la Penfeld, il s'est étendu progressivement au littoral allant du fleuve au goulet de Brest, la sortie de la rade. Derrière les portes se trouvent les hangars, les casernes et les bâtiments de guerre, parmi lesquels l'ancien porte avion Clémenceau, ainsi que la base des sous-marins allemands, à l'extrémité du port militaire. Le Jardin des explorateurs, à Recouvrance, offre une magnifique vue sur l'ensemble.

Le Pont de Recouvrance



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  • Maison Blanche et le phare du Portzic



En laissant l'arsenal derrière vous, apparaît, au détour d'un virage, le mouillage de la Maison Blanche, blotti dans une crique, tout près du phare du Portzic. A côté de la plage de galet se trouvent des dizaines de petites "cabanes" colorées, qui permettent à certaines familles brestoises de venir passer un Dimanche au bord de mer, entre pêche, tour en bateau et parties de cartes.
Le phare du Portzic (35 m, 56 m au dessus de la mer) est le premier phare de ce périple, et le dernier que trouvent les marins qui se rendent au Port de Brest. Sa lumière porte à 20 miles nautiques. Construit en 1848, c'est un phare militaire, couplé à un sémaphore, qui régule l'entrée et la sortie en rade.

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  • Le Petit Minou



Le site du Petit Minou (probablement du nom de Saint Menou, un évèque local, rien à voir avec un matou) abrite un phare surplombant une belle plage. L'idéal est de se garer à proximité de cette plage, surtout visible à marée basse, et de profiter du magnifique point de vue sur la mer d'Iroise en empruntant le sentier des douaniers qui part, sur la gauche, et rejoint l'entrée du fort.
Lorsque le fort du Petit Minou a été construit là, à la toute fin du XVIIème siècle, il n'y avait encore aucun phare, mais l'entrée d'un goulet à protéger. Le fort a été progressivement amélioré et renforcé, notamment par Vauban, mais également par les allemands en 1940, dont les aménagements sont encore particulièrement bien repérables.
Le phare, lui, n'a été construit qu'en 1848, en même temps que le phare du Portzic. L'alignement entre ces deux feux guide les marins pour rentrer dans le goulet en évitant les récifs, notamment le "plateau des fillettes". Le phare du Petit Minou est séparé du continent par un très joli pont en arche, sur lequel passe un chemin pavé qui zig-zague des casemates au pied du phare. Il n'est pas souvent ouvert hors saison, mais, à marée basse, les personnes un peu têtues et n'ayant pas peur des falaises pourront malgré tout aller le découvrir de près...

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  • La Pointe Saint Mathieu



La Pointe Saint Mathieu est, à n'en pas douter, l'un des lieux mythiques de la Bretagne. Détailler toute l'histoire du lieu serait bien trop long pour que l'on s'y attarde ici. En un même lieu se trouvent une petite chapelle, une esplanade pavée avec un puits, reste de la place du marché d'antan, les romantiques ruines de l'Abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre, un sémaphore, un fort devenu aujourd'hui mémorial des marins disparus en mer, et un phare, ou plutôt deux, puisqu'on oublie trop souvent ce petit phare blottit au nord ouest des ruines.
Que ce soit en haut des falaises ou au sommet de la tour, 60 m au dessus de la mer, la vue est absoluement imprenable sur l'Iroise, s'étendant de l'île d'Ouessant au Raz de Sein, couvrant la presqu'île de Crozon, le goulet de Brest, et le Léon.
Il ne faut pas se contenter de venir une seule fois dans ces lieux. Il faut les découvrir par temps clair, pour voir la pointe du Raz et le tas de pois; par grand vent, pour profiter (avec précautions) des vagues s'écrasant contre la falaise; au moment du soleil couchant qui embrase l'Océan; dans les brumes d'automne, qui emmitouflent les ruines monacales... Ou encore la nuit, et se laisser emporter par un songe sous les étoiles, en comptant et recomptant les éclats des 20 autres phares qui s'éclairent de tous cotés. Saint Mathieu est vraiment un lieu magique, unique, dont on ne se lasse jamais.

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  • Le Conquet - Pointe de Kermorvan



En poursuivant votre route vers le Nord, on passe par le Port du Conquet, où l'on pêche principalement des crustacés. C'est aussi le lieu de départ principal vers les île de Molène et d'Ouessant. Déambuler dans les petites ruelles du centre-ville ne suffit pas pour découvrir la ville la plus à l'ouest de France. Il faut prendre le pont, à l'Est de la ville, pour rejoindre par la belle plage des Grands Sablons, la presqu'île de Kermorvan. Propriété du conservatoire du littoral, cette petite péninsule conduit jusqu'au phare éponyme, tour carrée d'allure cocasse qui se dresse droit face aux iles du Ponant. C'est de ces chemins que s'étend le Conquet, ses maisons à flan de corniche et ses nombreux casayeurs, au mouillage, qui attendent la prochaine marée.
Mais bien que cela soit tentant, ne vous attardez pas trop : la route est encore longue et les étapes nombreuses avant d'arriver à l'île vierge !

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(à suivre)

N.B. : toutes les photos ont été prises par ma pomme. Elles sont également visibles sur flickr http://www.flickr.com/photos/etienn.... Elles sont sous licence Creative Commons : paternité, partage à l'identique et pas d'utilisation commerciale.