Les esprits chagrins diront : Sciences Po, c'est apprendre à parler pour ne rien dire, ou à parler de trucs dont on ne connais rien. A mon avis, ça permet surtout d'avoir un raisonnement, une réflexion politique ou générale forte sur un sujet, quel qu'il soit, en mobilisant des connaissances factuelles ou théoriques tout azimuts.
C'est le principe même du grand oral. Et c'est ça qui nous permet de pondre un plan sur des sujets comme "le nu", "vivre sans mains", "Venise" ou "les religions en Estonie", le tout en 5 minutes... Ou bien, dans le cadre professionnel, d'avoir un avis sur le R.S.A. ou le mini-traité européen face à un journaliste qui nous interroge à peine vingt minutes après l'annonce d'une mesure, réforme, etc.
Concernant cette capacité toute académique, donc, petit exemple rigolo, ce midi. Une ancienne camarade m'a, en quelque sorte, mis au défi d'argumenter sur le smiley " :p " . Ni une ni deux, une problématique et un plan en deux parties, le tout en 5 minutes. Ca donne ça :

  • Sujet : ":p"


  • Définition du sujet : Le symbole ":p" est un smiley, autrement dit une séquence de signes de ponctuation représentant schématiquement un visage humain, permettant d'exprimer une émotion dans un message électronique. Le :p représente un visage tirant la langue, signe de provocation, d'ironie, de défi ou de contestation. Il est le 4ème smiley le plus utilisé dans les conversations électroniques.


  • Problématique : Le smiley qui tire la langue est il une icône incontournable des technologies de communication web 2.0 ?


  • Plan


1. : Un dérivé du smiley classique devenu un mythe



1.A La nécessité de diversifier les expressions de sentiments par rapport aux simples :-) et :-(



1.B Un smiley qui a du sens en soit : de l'ironie et l'humour à une forme de défi contestataire...



1.C Le tirage de langue, un code devenu symbole, signe de son temps.




2. La grandeur du mythe fait sa faiblesse : dépassement et contournement.



2.A : Devenu incontournable, la porté transgressive et révolutionnaire du :p s'affaiblit.



2.B : Cette force est accaparée par des dérivés, tirages de langues animés ou smiley copies de l'original.



2.C Vers plus de richesse dans les échanges : la nécessité de s'approprier et de réinventer d'autres marqueurs pour les enrichir les échanges.


  • Conclusion :


S'il s'est imposé comme un outil indispensable dans les nouvelles formes de communication numérique, le ":p" est victime de succès. Erigé en symbole et en mythe, il perd de sa force contestataire et tend à être remplacé ou enrichi par d'autres formes de smiley. Dans une société où le numérique tend à compléter le sens du collectif et vient renforcer une quête d'affectif, il y a fort à parier que le :p sera remplacé progressivement par les ^^ et :-X .