Cette fois ci, la surprise est de taille : une bombe américaine de 225 kg, contenant 150 kg d'explosif. Elle a été trouvée trois mètres sous terre, au cours de travaux de construction d'un ensemble de logement, sur le haut de la rue Jean Jaurès - sur un promontoire, de telle sorte que rien ne peut vraiment faire obstacle au souffle de l'éventuelle explosion.... Résultat : un désamorçage planifié depuis un mois avec un périmètre de sécurité de 800 mètres. Autrement dit, à 8h du matin Dimanche, la sirène a retentit pour que tout le monde évacue. 300 policiers et C.R.S. quadrillent le secteur pour vérifier que tout le monde est parti. D'après le site Internet de Ouest France, l'hélicoptère de la Sécurité Civile a repéré des personnes dans le périmètres, qui ont refusé de quitter la zone. Au total, c'est plus de 17 000 habitants répartis sur 9200 logements qui ont évacué le secteur pour aller à l'extérieur de la ville, ou chez des amis ou en famille, voire, pour ceux qui n'ont pas d'autres endroits où aller, dans la mairie ou un accueil est prévu. Trois maisons de retraites sont concernées, les personnes âgées étant pour certaines hospitalisées dans les hôpitaux de Brest, pour d'autre temporairement hébergées par leur famille. 44 personnes âgées jugées intransportables sont restées à domicile, avec des mesures particulières de confinement...
J'imagine difficilement à quoi doit ressembler le centre d'une ville comme Brest sans aucun habitant, ni dans les rues, ni dans les maisons... D'après les démineurs, ce genre d'opérations arrive en France tous les deux ans. Ça a l'air de tomber quand même régulièrement sur l'Ouest, Nantes, Lorient, Saint Nazaire, Le Havre ou Brest... Je me souviens, il y a au moins une dizaine d'année, d'une alerte de ce genre à Lorient... Mon parrain avait appris qu'il devait être évacué en partant au boulot le matin, la gare avait été fermée et les trains déviés... Un joyeux bazar, tout ça...
A Brest, tout le monde à l'air de vivre ça avec sang froid et sérénité. Depuis le temps, tout le monde a appris à vivre avec des séquelles de guerres qui sont prêts à ressurgir à chaque instant... C'est inouï, la façon dont le passé se rappelle parfois à nous...


Photo : mon immeuble détruit par les bombes, en 1944.



Bombardement St Martin